Worldbuilding : créer un monde crédible, ou quelques considérations sur l’orbite de votre planète

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, je m’inscris dans la continuité en vous proposant -encore !- un article sur le worldbuilding. On reste sur quelque chose de technique, mais promis, une fois le volet « cosmologique » fermé, je pourrais passer à des considérations moins mathématiques et plus historiques, mythologiques et sociologiques.

Je tiens, toutefois, à clore ce chapitre de la cosmologie. Cela n’intéressera que bien peu de personnes, j’en ai conscience, mais cela permet de rendre disponible, en français, des outils et méthodes de worldbuilding pour celles et ceux qui sont amenés, quelqu’en soit la raison, à se poser la question de créer un monde imaginaire -et où les orbites, dans le cas présent, joueront un rôle important-.

Une orbite, c’est quoi?

Avant d’aller dans le dur du sujet, je tiens à rappeler ce qu’est une orbite.

Une orbite, c’est une trajectoire courbe d’un astre autour d’un point dans l’espace (un soleil, une lune, un barycentre).

Cette courbe sera plus ou moins excentrique, c’est-à-dire plus ou moins éloignée du centre. Très concrètement, cela signifie que l’orbite peut être circulaire (avec une excentricité de zéro : tous les points du cercle sont à distance égale du centre) ou plus ou moins ovale.

Calculer une orbite, à quoi ça sert?

Calculer une orbite a plusieurs applications pratiques en terme de worldbuilding. De nombreuses, en réalité.

Je vais vous en fournir quelques exemples, pour que vous réalisiez l’importance de cette donnée -qui semble purement technique, et infiniment secondaire lorsqu’on veut créer un univers imaginaire- sur votre monde.

L’orbite en elle-même va influer sur la période de révolution -c’est-à-dire la durée de l’année !-, la luminosité reçue (et donc, les températures), ou encore la taille du soleil dans le ciel.

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L’excentricité de l’orbite a aussi une importance considérable. Nous ne nous en rendons pas compte car la Terre a une orbite (quasi) circulaire, mais en réalité, une orbite excentrique va avoir une grosse influence sur le climat, et ce sur l’ensemble de la planète ! Mars, par exemple, a une excentricité orbitale beaucoup plus importante que la Terre (0,093 contre 0,016). Cela semble une différence faible, mais ne nous y trompons pas : l’aphélie (le point de l’orbite le plus éloigné du soleil) de la Terre est à 152 millions de kilomètres ; son périhélie (le point de l’orbite le plus proche du soleil) est à 147 millions de kilomètres. Pour Mars, ces valeurs sont respectivement de 249 millions de kilomètres, et 206 millions de kilomètres. Plus de 40 millions de kilomètres de différence, cela a une influence sur l’énergie solaire reçue, qui va beaucoup plus varier (entre 492 et 715 W/m², ce qui fait une belle variation).

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Worldbuilding : créer un monde crédible, ou comment créer un système solaire?

Bonjour à tous !

Aujourd’hui, je vous propose de continuer à faire un peu de worldbuilding en explorant la conception d’un système solaire (je suppose que le titre vous mettez un peu sur la voie, non?).

Cet article, qui sera relativement court, est la suite logique de mon article relatif à la conception d’une étoile. En effet, on va avoir besoin d’une donnée essentielle pour concevoir notre système solaire, à savoir la luminosité bolométrique.

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Worldbuilding, les lois de votre Univers : une introduction à la magie et au magicbuilding

Bonjour à tous,

Je vous propose de nous éloigner quelques instants du worldbuilding orienté science-fiction pour explorer, quelques instants, un aspect fondamental de la Fantasy : la magie.

Si vous souhaitez créer un univers imaginaire, quel qu’en soit la raison, vous pouvez être certain qu’à un moment donné, vous aurez à résoudre la délicate question de l’introduction de la magie dans votre univers ou votre histoire.

Que ce soit consciemment, ou non, vous allez vous poser les questions suivantes :

  • Pourquoi mettre de la magie dans mon monde?
  • Qu’est-ce que la magie?
  • Quelles sont les règles régissant la magie? Ou comment rendre la magie crédible.
  • Quelle est la place de la magie dans mon monde? (je garde cette question au chaud, tant il y a à dire)

Je vais tenter, tant bien que mal, d’apporter un semblant de réponse à chacune de ces questions. Ces réponses, bien entendu, seront personnelles : il n’y a pas de réponse définitive, absolue, figée dans le marbre. Je ne suis pas un spécialiste dans l’art délicat du magicbuilding, loin de là. Je ne suis armé que de mon expérience de lecteur, de joueur et, occasionnellement, de maître du jeu.

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Gandalf approuve cet article.

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Eclipse Phase : un Jeu de Rôle futuriste, transhumaniste et incroyablement complet.

Bonjour à tous !

Désolé pour ce long silence. Des problèmes de santé, alliés à des problèmes familiaux, m’ont fait réévaluer un temps mes priorités. Mon blog en a, de ce fait, souffert. J’essaie de réparer, aujourd’hui, un peu de mon retard.

Cela faisait un certain temps que je n’avais pas évoqué le Jeu de Rôle. Il me faut réparer cet oubli. Et comment mieux le réparer qu’en évoquant une belle découverte, que je dois à une patate des ténèbres : Eclipse Phase.

Ton esprit est un logiciel. Programme-le.
Ton corps est une coquille. Change-le.
La mort est une maladie. Soigne-la.
L’extinction approche. Affronte-la

Ce Jeu de Rôle est exigeant.  Il s’inscrit dans un univers futuriste, mélange de SF d’anticipation, de Space Opera, de Cyberpunk, je pense pouvoir affirmer qu’il s’agit avant tout d’une SF transhumaniste à tendance dystopique. Ce jeu, publié par Posthuman Studios, et traduit en français par Black Book Editions, est un coup de coeur.

Le présent article s’appuie sur ma lecture, en anglais, du livre de base, et des suppléments suivants :

  • Panopticon ;
  • Transhuman ;
  • Sunward ;
  • Rimward ;
  • Gatecrashing.

Il me manque deux suppléments de contexte, Firewall et X-Risks.

Mais déjà, ce que je me propose de faire est beaucoup trop ambitieux, pour ainsi dire impossible : comment résumer en quelques centaines de mots l’univers d’Eclipse Phase? Les connaisseurs, j’en suis sûr, acquiescent en me lisant : Eclipse Phase est un jeu exigeant, mais c’est surtout un jeu disposant d’un univers incroyablement riche, dense, profond (autant voire plus que Shadowrun, un jeu qui a eu quelques décennies pour développer son univers). Impossible, certes, mais je vais malgré tout essayer (en survolant : il me faudrait rédiger toute une série d’articles si je voulais exposer véritablement l’ensemble de l’univers proposé !).

Curieux d’en découvrir plus? C’est parti.

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Worldbuilding : créer des mondes crédibles, ou comment créer une étoile

Bonjour à tous !

L’attente fut longue : mais la patience, toujours, est récompensée. Je vous propose de découvrir quelques idées, conseils et techniques pour réussir à créer des planètes qui soient crédibles.

Crédibles? C’est-à-dire?

J’entends par là qu’il va s’agir d’imaginer des planètes dont les principales caractéristiques sont, globalement, conformes aux données de la science. On peut froncer les sourcils : ouais, OK, encore un truc de hard-SF ; pour la fantasy et l’immense majorité de la SF, ça ne sert à rien.

A mon avis, penser cela, c’est commettre une erreur. Ce qui donne sa saveur à un monde, c’est son contenu, mais aussi le contenant, qui doit être bien délimité. Autrement dit, il faut réussir à explorer les limites de ce qui peut être fait : quand tout est possible, tout devient évanescent, et il n’y a plus vraiment d’enjeu. Quand, par exemple, en fantasy, vous imaginez les règles régissant la magie, l’important n’est peut-être pas ce qui peut être fait que les limites de la magie, le prix à payer.

Il en va de même quand vous créez une planète, et je vais vous le démontrer dans la présente série d’articles : ce sont les limites, les contraintes, qui viennent fertiliser l’imagination et nous permettent d’explorer les possibles. Face à une contrainte donnée, c’est là que l’auteur, le créatif, va se dire « oui, OK, mais qu’est-ce que ça donnerait si… », suivi d’une brillante idée pour contourner le problème, voire le sublimer pour en faire non plus une contrainte mais le ressort d’un monde vivant.

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C’était mieux avant ! Vraiment?

Bonjour à tous.

Cette semaine, je vous propose un sujet quelque peu éloigné de mes sujets habituels (sujets qui, vous l’aurez relevé, concernent beaucoup l’espace !).

Ce sujet n’en est pas moins important. En effet, je déplore le fait que, trop souvent, dans tout débat quel qu’il soit, on finisse toujours par entendre la petite musique lancinante de la nostalgie, ce qui revient in fine à refuser l’avenir, à assombrir le présent et à présenter le passé sous un jour enchanteur. Pire : la colère et la peur sont souvent les effets recherchés, ou à tout le moins induits, par cette présentation fallacieuse de la situation mondiale et régionale. Cela modifie notre perception du futur, perçu comme une menace, alors même que nous vivons un véritable âge d’or et que les choses promettent d’aller de mieux en mieux !

Cet enthousiasme, tempéré par une bonne dose de réalisme, est d’ailleurs la raison d’être du présent blog.

Attention : cela étant posé, je ne compte pas me vautrer dans le travers inverse, travers qui consisterait à dépeindre le passé comme cataclysmique, nos ancêtres n’étant qu’un ramassis de brutes sanguinaires, superstitieuses, sourdes à la Raison et à l’implacable marche d’un Progrès conquérant (je pense, en écrivant ce dernier paragraphe, au fameux livre de Régine Pernoud Pour en finir avec le Moyen-Âge que je recommande vivement à toutes les personnes ayant envie de dépasser leurs préjugés négatifs sur cette période historique passionnante).

Mon objectif est simplement de remettre en perspective certaines idées pré-conçues, qui sont souvent inexactes, parfois fausses. Parmi ces idées pré-conçues, j’en ai retenu cinq qui, à mon sens, ont une réelle influence sur l’opinion publique, à mon plus grand regret : l’idée que la faim dans le monde irait en empirant, l’idée que les gens sont de plus en plus malades ou exposés à des substances susceptibles de les rendre malades, l’idée que le monde est de plus en plus violent, l’idée que les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, et enfin l’idée que le monde court à sa perte à cause de la surpopulation.

En remettant les choses en perspective, j’espère aider les gens, à mon très modeste niveau, à ne plus se faire avoir par les informations qui ont pour but (ou, à tout le moins, pour effet) d’indigner, de susciter de la peur, de la colère. A vrai dire, je me méfie beaucoup de ceux qui recherchent l’adhésion en suscitant ce genre d’émotions, peu importe leur positionnement sur le spectre politique.

Vous me direz peut-être : mais quel rapport avec la science-fiction, la fantasy, le fantastique?

J’ai envie de vous dire : tout. Notre époque est fascinée par la fin du monde, et cela devient de plus en plus visible dans les oeuvres relevant de l’imaginaire. Le post-apocalyptique est omniprésent dans les jeux vidéos (de Death Stranding à The Division 2, en passant par Fallout 76The Last of Us Part 2Rage 2), les séries, les films. La dystopie est partout, avec force commentaires « on est comme dans 1984 ! Monde de merde« .

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George Abitbol approuve cet article.

Je crains que cela ne déforme la perception du monde de certains. Et c’est bien dommage d’oublier les bons côtés de ce qui nous entoure. Avoir un imaginaire pollué par une image des autres, et du monde, particulièrement anxiogène, c’est absolument déprimant.

Alors, toi qui es dans ton salon avec chauffage central (ou avec la clim’, hein, bon), qui me lit à la vitesse de la lumière alors que tu es peut-être à l’autre bout du globe, et qui vient peut-être de refermer la porte de ton frigo plein à craquer (ou pas, faudrait songer à aller faire les courses, hein), je t’invite à découvrir quelques statistiques amusantes, ou du moins de nature à susciter ton intérêt !

Au menu :

Partie 1 : Famine, Guerre et Maladie : les Chevaliers de l’Apocalypse sont en train de perdre !

Partie 2 : fin de la pauvreté et surpopulation, un article qui va agacer Nicolas Hulot.

Si tu n’es pas d’accord, ce n’est pas grave : c’est pour cela que j’ai classé ces articles dans la section Débats.

Si tu trouves que c’est super top génial, n’hésite pas à me le dire (ça fait plaisir) et à partager la bonne parole autour de toi (ça fait plaisir aussi).

 

C’était mieux avant ! Vraiment? Partie 2

Cet article est la suite de mon article intitulé : C’était mieux avant ! Vraiment? Partie 1

Les riches sont de plus en plus riches, et les pauvres sont de plus en plus pauvres

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Je trouve le graphique ci-dessus assez explicite. Il y a de moins en moins de miséreux, c’est-à-dire de gens totalement démunis. C’est une bonne nouvelle.
Surtout, il faut bien se rendre compte que le complet dénuement, la pauvre extrême, c’était-là la normalité pour une bonne majorité de l’humanité il y a quelques siècles de cela.

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Voici l’évolution du taux d’extrême pauvreté pour certains pays. J’ai sélectionné des pays d’Afrique sub-saharienne, l’Inde, la Chine (ça fait quelques milliards de personnes, hein) et le Bangladesh (dont on a une image misérabiliste).

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Voici un autre graphique, avec différents indicateurs de pauvreté. La tendance constatée reste baissière. Avec, probablement, une cause commune avec la diminution des grands pillages, invasions, conflits : l’économie change petit à petit de nature et devient un jeu à somme positive.

J’insiste sur le fait qu’il s’agit de pauvreté absolue, c’est-à-dire qu’une baisse de la pauvreté absolue implique nécessairement une amélioration de la situation matérielle des gens concernés.

La pauvreté relative est un indicateur qui mesure l’inégalité, pas la pauvreté réelle, c’est-à-dire le dénuement matériel. On peut avoir un taux de pauvreté relative qui augmente, mais des « pauvres » qui ne sont pas matériellement plus démunis : il suffit que certains s’enrichissent énormément, pour que les autres soient relativement plus pauvres, même si leur situation est stable ou s’est légèrement améliorée.

De fait, il est faux de dire que la pauvreté augmente : on peut avoir des inégalités qui augmentent localement (c’est notamment le cas aux USA), mais on a bien une diminution massive de la pauvreté partout dans le monde. Cette tendance-là est encourageante, et il faut espérer que les innovations, les échanges culturels et commerciaux, la coopération internationale permettront à toujours plus de gens de s’émanciper et de sortir de l’état de misère.

Et la surpopulation?

Il n’est pas rare de voir un avenir dépeint en noir, avec cataclysmes climatiques, épuisement des ressources naturelles, guerres, pestes, et autres, tout cela étant notamment dû à l’hybris des anciens et à la surpopulation.
D’autres vont venir nous causer grand remplacement et s’agiter, avec autant de peur et de colère.

Vous trouverez ci-dessous un graphique retraçant le taux de fertilité des pays parmi les plus peuplés du monde (le taux de renouvellement de la population, c’est plus de deux enfants par femme, pour rappel), auxquels j’ai rajouté la France et l’Algérie.

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On remarquera qu’il existe une baisse de la fertilité dans tous les pays concernés, y compris l’Algérie et le Nigéria (qui semble être en léger décalage, mais une tendance similaire à la baisse semble s’amorcer vers 1970, quoique la baisse soit moins nette que dans le cas algérien).

Le taux de croissance de la population, tel que projeté par les démographes de l’ONU, est aussi très intéressant :

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On constatera que, tel que projeté, l’Amérique du Sud, l’Amérique centrale, l’Asie, l’Europe perdront des habitants dans les décennies à venir. Cela fait, tout de même, une bonne partie du globe.
L’Amérique du Nord et l’Océanie auront un taux de croissance de la population inférieur à 0,5%.
L’Afrique aura un taux de croissance de la population supérieur à 0,5%.

Il s’agit, bien sûr, de projections, qui peuvent se tromper, en bien comme en mal. Très concrètement, il est possible que des évolutions à venir permettent de résoudre le problème d’une population à croissance trop forte (ou trop faible !). Par exemple, en changeant la façon de produire de la viande.

Mais on remarquera que, même en ignorant les projections à venir, il y a d’ores et déjà une baisse générale du taux de croissance de la population, et ce sans qu’aucun moyen coercitif n’ait eu à être employé à cette fin (la coercition, à ce niveau-là, peut d’ailleurs faire plus de mal que de bien !).

Une première piste pour favoriser la stabilisation voire la baisse de la population (à supposer qu’une telle baisse soit souhaitable), ce serait d’imaginer que de plus en plus de personnes choisissent de ne pas avoir d’enfants -avec des effets de bord peut-être surprenant, je pense ici au fait qu’une telle philosophie de vie devra nécessairement acquérir de nouveaux « adeptes » à chaque génération : ce ne sont pas des idées ou des traits culturels qui se transmettront de parents à enfants, par définition…-.

Une autre piste, ce serait très probablement que le nombre d’enfants en moyenne se stabilise autour de deux parmi ceux qui souhaitent avoir des enfants, par les choix individuels des partenaires amoureux. Toujours sans coercition, ni pression sociale excessive. De fait, le modèle idéal n’est pas, de nos jours, en Europe, la famille très nombreuse avec moult enfants : ce désir-là est, à mon sens, plutôt minoritaire. A noter qu’il n’y aura jamais plus d’enfants que de nos jours, d’après les projections : c’est le moment ou jamais de réussir à faire un job correct en les éduquant.

Une dernière piste pourrait être, tout simplement, de décider qu’une autorité centrale n’a pas à avoir une politique nataliste, pour renouveler la horde des conscrits potentiels (ou des contribuables) : cela relève du choix individuel de chacun, sans incitation financière. Ce que je dis vaut, aussi, pour les politiques anti-natalistes.

Pour conclure, une idée amusante (car contre-intuitive), ce serait de considérer que les gens effrayés par le « grand remplacement » devraient aboutir à la seule solution logique, à savoir militer pour (i) le développement des échanges économiques gagnant-gagnant avec l’Afrique, et (ii) au militantisme pour le droit des femmes (notamment en ce qui concerne l’accès à la contraception). Autrement dit, la solution (ou une des solutions) à la peur ressentie face au taux de fertilité africain n’est pas la stigmatisation et l’isolement des uns ou des autres, mais la coopération et les échanges entre partenaires commerciaux. Encourageant, non?

Ma conclusion personnelle

Mon approche personnelle, c’est que la peur, la colère, l’amertume sont des choses faciles. S’indigner à la moindre information négative, c’est réagir aux stimulis : pas besoin de néocortex pour cela.

Oui, il y a des injustices, des situations ignobles dans le monde. On peut s’amuser, dans la fiction, à dépeindre sous des couleurs très sombres la réalité, en faisant passer la chose pour du réalisme, de la maturité même. Cet artifice ne fonctionne plus guère avec moi.

On peut, également venir dénoncer, conscientiser, interpeller les masses stupides, en leur pointant les ennemis, la source de leurs problèmes : les immigrés, les patrons, les actionnaires, les médias, les politiques, Trump, les féministes, les catholiques, les musulmans, les juifs, les chinois, les allemands, les russes bref, les autres. Mais, là encore, à mon sens, c’est un défaut dans la fiction que de se focaliser sur des messages, souvent erronés : c’est là le problème que j’ai pu avoir avec le Paradoxe de Fermi, de Jean-Pierre Boudine, ou avec Norman Spinrad dans les Années Fléaux. D’autant plus que le résultat peut être l’inverse de celui recherché : à force de dénoncer les possibles abus de la science, on aboutit à une épidémie de pseudo-science virulente, à la pensée magique, à la méfiance atavique et à la politique clanique et binaire.

En réalité, les tendances sont bonnes ; les choix des gens sont souvent les bons : ils veulent le meilleur pour eux et leurs proches. Peut-être que passer moins de temps à dénoncer, à maudire, à combattre et plus de temps à se préoccuper de soi, de sa famille, de ses voisins, de son environnement immédiat peut in fine avoir de meilleurs résultats, y compris globalement? Cela impose à chacun la responsabilité de mener une bonne vie, ce qui me paraît, à titre personnel, plus gratifiant pour soi que de militer pour qu’un législateur vienne imposer à tous telle ou telle obligation ou interdiction.

Surtout, comme le rappelle cet article de Slate, non, le monde ne sombre pas dans le chaos. Tout n’est pas fichu. Ce qui permet de croire en l’avenir et au génie humain, mais surtout d’agir pour devenir meilleur. Il n’y a aucune fatalité, que des difficultés. C’est avec cette motivation chevillée au corps et à l’esprit que certains bossent d’arrache-pied pour sauver des vies en trouvant des solutions à la pénurie d’organes, que d’autres créent des prothèses toujours plus ergonomiques et efficaces, veulent conquérir la Lune, et l’Espace, veulent guérir les maladies génétiques, allonger l’espérance de vie en bonne santé voire vaincra la maladie et la mort. Je prends, ici, les exemples spectaculaires et high-tech, mais de la décoration de son balcon ou de son jardin au respect de l’espace public, de la façon d’élever ses enfants à la façon de se comporter en ligne, chacun peut agir. Le meilleur n’est ni acquis, ni certain, et c’est à chacun de faire ce qu’il estime être bon et juste.

Bien sûr, une forêt qui pousse fait moins de bruit que le fracas d’un arbre qui tombe, mais ma foi, l’important c’est que la situation s’améliore, pas de se poser en sauveur ou de s’auto-flageller, n’est-ce pas?

[Ne vous inquiétez pas, je reviens à mes sujets habituels dès le prochain article, je voulais juste préciser un certain nombre de points suite à un fort agacement ressenti en parcourant les réseaux sociaux. Désolé si cela vous a ennuyé.]

Pour aller plus loin

  • Vous pouvez vous balader sur le site Our World In Data ;
  • Vous pouvez constater que le nombre de fumeurs n’a jamais été aussi bas ;
  • Vous pouvez consulter l’évolution des chiffres relatifs à l’éducation sur ces slides ; les données brutes (Lee and Lee) sont ici ; là, les données de l’UNESCO sur le taux d’alphabétisation, toujours plus haut de génération en génération partout dans le monde.
  • Vous pouvez vous balader sur le site de l’OCDE pour obtenir un nombre incroyable de données.
  • Vous pouvez découvrir cette vidéo de Kurzgesagt sur les raisons égoïstes d’être vaguement écologiste, ou cette vidéo sur la surpopulation ou encore celle-là sur la fin de la guerre.
  • Vous pouvez, enfin, finir par cette vidéo de CGP Grey qui explique pourquoi la colère est le plus sûr moyen de buzzer (réfléchissez aux implications : les médias en ligne, et les groupes politiques; surfant sur la colère, sont de fait les plus avantagés par la structure des réseaux sociaux).

N’hésitez pas à me communiquer toute autre source de données, que je puisse la partager.

C’était mieux avant ! Vraiment? Partie 1

Notre monde moderne, égoïste, laisse les gens mourir de faim !… Vraiment?

Il n’est pas rare, hélas, de voir évoquer, avec les meilleures intentions du monde, telle ou telle région du monde, en utilisant force misérabilisme et appel à l’empathie. Souvent, l’empathie laisse place à la colère, et les coupables sont tout désignés : le capitalisme, l’ultra-libéralisme, Monsanto, ou que sais-je encore.

La famine

Jetons un coup d’oeil à un petit graphique. Cela ne peut pas faire de mal.

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Victimes de famines, décennie par décennie, de 1860 à 2016

Comme vous pouvez le voir, vous avez pas mal de morts avant les années 1980.

Petit retour sur la situation avant les années 1980

Dans les années 1970, vous avez de nombreuses famines en Afrique (Nigéria, Mauritanie, Mali, Tchad, Niger, Burkina Faso, Ethiopie…), et une grosse famine au Cambodge à la suite de l’arrivée au pouvoir des Khmers Rouges (2 millions de morts environ, soit à peu près un tiers de la population, ce qui est assez conséquent…).

Vous avez, dans les années 1960, le « Grand Bond en Avant » de Mao Zedong, qui dura de 1958 à 1961, et qui aurait causé entre 15 et 35 millions de morts. Pour rattacher cela à la fiction, je peux citer Le Problème à Trois Corps, de Liu Cixin, qui se déroule (en partie) pendant cette période.

Dans les années 1940, vous avez des famines liées à la Seconde Guerre Mondiale (la famine du Bengale, qui causa de 4 à 5 millions de morts, la famine soviétique de 1946/1947, qui causa plus d’un million de morts, la famine vietnamienne de 1945, qui causa environ un million de morts, et des famines en Grèce, au Rwanda, en Pologne, au Maroc…).

Dans les années 1920 et 1930, vous avez un certain nombre de morts liés à la révolution bolchévique et ses conséquences. Sans viser l’exhaustivité, vous avez une famine en 1921/1922 faisant 5 millions de morts environ puis une nouvelle famine en 1931/1933 faisant 7 à 10 millions de morts.

Et après les années 1980?

Vous avez encore des famines, mais bien moins meurtrières, et concentrées essentiellement en Afrique (à l’exception notable de la Corée du Nord). Depuis la décennie 2010, la situation de l’Afrique, au niveau de sa sécurité alimentaire, s’est améliorée (mais il est à craindre que le conflit au Yémen n’augure une nouvelle famine -vous me direz, ce n’est pas en Afrique, mais cela reste désolant…-).

Nous vivons, de fait, une époque d’abondance, et cette abondance concerne de plus en plus de monde.

La sous-nutrition

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La sous-nutrition est définie de la façon suivante : un individu est considéré comme étant sous-nourri lorsque son régime alimentaire le conduit à disposer de moins de calories que certains seuils prédéterminés, ces seuils étant fixés en fonction du nombre de calories nécessaires pour pouvoir mener une activité sédentaire.

Ici, nous nous concentrons sur une période plus récente, allant de 1991 à 2016. En l’espace de 25 ans, nous sommes passés de plus d’un milliard de personnes en situation de sous-nutrition à un peu moins de 800 millions, avec un pic en 2016 refaisant passer la barre des 800 millions.

La situation en 2016 est liée à la conjonction tragique de multiples conflits (Syrie, Yémen, Etat Islamique, Soudan du Sud…) et des événements climatiques (El Niño) ayant conduit à des sécheresses et des inondations.

Rendez-vous compte : en l’espace d’une génération, deux cent millions de personnes sont sorties d’une situation de sous-nutrition : ils mangent à leur faim.

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Quand on se concentre sur les pays en voie de développement, on constate également une nette amélioration. On passe de plus de 30% de la population en situation de sous-nutrition à moins de 15%.

Alors oui, la situation n’est pas parfaite ; 15% de la population des pays en voie de développement souffre encore de la faim, c’est énorme, et insatisfaisant. C’est tout à fait vrai. Mais voilà : en 1970, vous aviez près du tiers de la population mondiale souffrant de sous-nutrition. Que de chemin parcouru !

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Voilà la tendance, décomposée par grandes régions. Je vous laisse étudier la chose, et en tirer vos propres conclusions.

Conclusion

Le monde n’a jamais eu autant de nourriture. Non seulement il n’y a jamais eu autant de nourriture, mais surtout jamais une si faible proportion de la population mondiale n’a eu à souffrir de la faim.

De fait, nous vivons à une période où la famine est un danger qui paraît de plus en plus abstrait à une part toujours plus importante de la population. Cette baisse tendancielle de la faim est à saluer.

Quant aux causes de cette baisse tendancielle, je vous laisse en débattre. Le point, ici, est bien de pointer l’existence de cette tendance baissière : après tout, il n’est possible de discuter des causes d’un phénomène que si on admet l’existence dudit phénomène.

Une dernière remarque : l’état de nature, qui serait celui que nous devrions ardemment désirer, c’est la famine à intervalles réguliers -ce qui assure un bon contrôle de la démographie, certes-.

J’ai l’impression (désagréable) que beaucoup de gens voient les dégâts de l’agriculture moderne, mais oublient les raisons qui y ont mené : sortir de l’état de pénurie, manger à sa faim. Notre génération doit réussir à minimiser les inconvénients, et gérer les conséquences négatives de l’abondance (obésité…), mais ces réalités-là ne doivent pas nous faire oublier le chemin parcouru.

Avec le démantèlement des systèmes de santé, les gens sont de plus en plus vulnérables !… Vraiment?

Nous vivons de plus en plus longtemps.

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On notera que l’Europe a vu son espérance de vie augmenter un peu plus tôt que le reste du monde. Bien avant l’apparition de la Sécurité Sociale, ou des assurances sociales obligatoires.

Le passage d’une espérance de vie à 30 ans (entre 25 et 35 ans) à plus de 60 ans (et jusque 80 ans) en l’espace d’un peu plus de deux siècles s’explique par une multitude de facteurs, qu’il serait fastidieux de lister et d’expliquer. Synthétiquement, je pense pouvoir pointer les progrès de l’hygiène, de la vaccination, la découverte de la pénicilline et les progrès de la médecine en général, mais aussi, la généralisation de la mécanisation et l’invention des engrais (-qui ont permis de mettre fin au plus gros de l’aléa alimentaire-).

De nos jours, il y a encore des progrès à faire, notamment contre les fléaux que sont le cancer, Alzheimer, les maladies cardio-vasculaires, les maladies congénitales, mais aussi  au niveau de la qualité de la prise en charge, la relation humaine et de confiance dans le système de santé…

L’autre piste, c’est que nous savons ce qui peut nous tuer. Manger du gluten ou pas est indifférent, en réalité, tout comme manger bio ou pas. Les principales causes de mortalité liées aux choix de vie, on les connaît bien, et depuis longtemps : le tabac, l’alcool, la sédentarité. Si vous voulez vivre longtemps, il n’y a pas 36 solutions pour maximiser ses chances : éviter de fumer, boire de l’alcool avec beaucoup de modération, avoir une activité sportive régulière (ou à tout le moins un mode de vie actif, avec pas mal de marche à pied, des montées d’escaliers).

On notera que l’augmentation de l’espérance de vie n’a pas toujours le même point de départ, mais est plutôt généralisée, à l’exception notable de l’ex-URSS où l’espérance de vie a stagné entre 1960 et 1990.

Etude de cas : les décès dus à un cancer

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Lorsque l’on observe superficiellement ce graphique, on a l’impression que le nombre de décès du fait d’un cancer augmente beaucoup entre 1990 et 2016.

Une analyse un peu plus fine semble indiquer que l’augmentation concerne surtout les personnes de plus de 50 ans.

On passe, en gros, de 5,9 millions de morts par cancer à 8,9 millions, soit une augmentation de 56% !

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Il s’agit du même graphique que précédemment, mais avec une distinction par type de cancers.

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Mais voilà : lorsque vous regardez les décès par type de cancers non pas en valeur absolue, mais en proportion de la population, la conclusion n’est pas du tout la même : les cancers sont de moins en moins mortels (avec une baisse assez impressionnante du nombre de morts à la suite d’un cancer de l’estomac).

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Les deux tableaux ci-dessus permettent également de voir que la situation va plutôt en s’améliorant.  En effet, vous avez deux courbes à la hausse : le total des décès, et le taux de décès tout âge confondu. Mais en observant le taux de décès avec âge standardisé, le taux baisse de façon significative (on passe d’un indice 100 à un indice 79 environ). Qu’est-ce que ça veut dire?

Déjà, définissons ce que ça veut dire, age-standardized : c’est une technique statistique servant à permettre la comparaison des populations ayant des structures d’âge différentes. Pourquoi faire? Il s’agit d’éliminer le facteur âge, en évitant que la sur- ou sous-représentation relative de tel ou tel groupe d’âge obscurcisse les comparaisons entre les populations.

Le facteur âge étant neutralisé, on constate qu’en réalité, la mortalité dû à un cancer va en s’améliorant. Le IHME n’est pas le seul institut à aboutir à ce résultat : l’agence internationale de la recherche sur le cancer, rattaché à l’OMS, aboutit au constat de la même baisse du taux de mortalité (Source), en dépit d’une augmentation du nombre de cancers (je soupçonne des facteurs environnementaux ou culturels locaux, tant il y a de nettes différences d’un pays à l’autre).

Encore une fois, il s’agit de pointer l’existence de tendances positives : je laisse à plus compétent que moi le soin d’en expliquer les causes.

Le monde est de plus en plus violent, il y a de plus en plus de conflits !… Vraiment?

Le nombre de morts liés à un conflit n’a jamais été aussi bas

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Rappelons que les cavaliers de l’Apocalypse sont la Famine, la Pestilence (ou la Mort) et la Guerre. Ce sont des fléaux qui ont, au travers des éons, bridé le génie humain. La famine, la pestilence, on l’a vu, sont en train de perdre.

Premier point que je tiens à souligner : la guerre tue de moins en moins. C’est une bonne nouvelle.

Autre point : il y a de plus en plus de conflits.

Est-ce contradictoire? Absolument pas. En réalité, on a de plus en plus de conflits, mais ils sont de moins en moins inter-étatiques : des guerres civiles, parfois très localisées. Cela implique qu’on a affaire à des belligérants moins bien organisés, moins bien équipés, avec des destructions fortes, parfois, mais en bout de course un nombre de victimes beaucoup moins élevé.

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La chose, au fond, est logique. Pendant la Guerre de Corée, qui dura à peine trois années (pour 1,5 millions de morts environ, à comparer avec les 500.000 morts (environ) en Syrie, ou les 10.000 morts (environ) en Lybie), vous aviez des centaines de tonnes de bombes lâchées sur les centres industriels, à intervalles très réguliers.

Balancer des millions de litres de napalm n’est pas possible dans le cadre d’un conflit entre civils. Seul un Etat peut le faire, grâce aux impôts payés par la population.

On ne peut que regretter, bien sûr, la survenance de nombreux petits conflits localisés, et les centaines de milliers de morts qui vont avec. Mais il est faux de prétendre que la situation aurait empiré par rapport à un passé fantasmé, souvent les « Trente Glorieuses » (là où, à partir de 1980, le capitalisme triomphant et l’argent-roi auraient causé tous les maux du monde, dont de nombreuses guerres).

Non, le monde ne sombre pas dans le chaos : l’Etat Islamique, la Crimée, Gaza, la Birmanie, le Yémen, tout cela est digne de préoccupation, d’inquiétude, voire d’indignation, oui. Mais il n’est pas nécessaire de prophétiser un monde qui se disloque sous les coups de butoir de la haine, des conflits et autres catastrophes d’ampleur biblique (catastrophes que nous aurions méritées de subir en raison de nos pêchés, il va sans dire).

L’on pourrait longuement débattre des causes de la réduction du nombre de victimes, ou plus précisément de la réduction du nombre de conflits inter-étatiques par rapport aux décennies et siècles antérieurs. A mon sens, c’est un effet collatéral de la mondialisation des échanges commerciaux (l’interdépendance économique inhibe les conflits : ce qu’on peut avoir par le commerce, il n’y a pas besoin de le prendre par la force ; attaquer un voisin fournissant des produits essentiels, c’est nuire à ses propres intérêts).

C’est également un effet, je pense, du multilatéralisme, qui semble avoir eu son rôle à jouer (et je ne peux que relever que les interventions armées étatiques des dernières années brillent par un caractère commun : ce sont, très souvent, des chefs-d’oeuvre d’unilatéralisme).

C’est, enfin, un effet de la dématérialisation et de la financiarisation de l’économie. En effet, une économie se fondant sur les terres, le sol, le terrain, risque fort d’être stagnante (sauf révolution agricole, bien sûr). Le seul moyen d’obtenir beaucoup plus de richesses, c’est de voler les terres du voisin. Il s’agit d’un jeu à sommes nulles. Avec la révolution industrielle, la révolution informatique, agricole, génétique, l’économie a changé de nature et est devenue très largement un jeu à somme positive. Dans ces conditions, il n’y a plus de besoin de tuer son prochain : c’est une erreur, une vacuité inutile, plus que jamais.

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Autre thème relatif à la violence : les homicides. Je prends les cas extrêmes : bien sûr, la violence ne se limite pas aux homicides, hein, je suis au courant ; simplement, les homicides sont plus simples à suivre : a priori, on n’a pas un phénomène de sous-déclaration, de sorte qu’une baisse des statistiques policières traduit ici une baisse réelle des violences homicides. Pour les viols, une augmentation du nombre de plaintes ne permet pas de déterminer, en soi, si (i) il y a plus de viols dans l’absolu ou si (ii) il y a moins de silence, moins d’auto-censure. D’autant plus que, pour les viols, les révélations peuvent concerner des faits plus ou moins anciens ; je pars du postulat que, pour les homicides, ces problèmes sont moindre (moins de sous-déclaration, déclaration plus proche de la commission des faits criminels).

La source, ici, c’est Max Roser, fondateur du site Our World In Data. Je vous le précise, car il ne s’agit pas d’une institution « officielle ».

Cela étant posé, les tendances retracées semblent recouper ce que je sais des statistiques récentes. Par exemple, entre 1994 et 2014, il y a une diminution de 50% du taux d’homicide en France et en Allemagne (cela étant dit, il me faut vérifier les décennies antérieures, pour vérifier si 1994 ne correspond pas à un pic…).

Quant aux causes, je crains de m’aventurer sur des terres inconnues. Je tiens toutefois à attirer l’attention de mes chers lecteurs sur la distinction entre :

  • culture de l’honneur, qui semblent corréler à un plus haut taux d’homicide (je vous invite à comparer, aux USA, les Etats ayant une forte culture de l’honneur -plutôt au Sud-, et ceux l’ayant moins ; tout comme, en France, il pourrait être intéressant de comparer les taux d’homicides entre personnes ayant cette culture de l’honneur (la culture des « bandes »), et les autres).
  • culture de la dignité, ou guilt culture, où l’essentiel n’est pas la réputation ou l’honneur, mais l’attitude que l’on adopte à l’égard de soi et d’autrui. La honte vient du fait que l’on a eu un comportement indigne des principes auxquels on adhère. La retenue y est une vertu.
    Prenons un exemple, pour bien différencier : vous avez un enfant. Il est agressé sexuellement par un individu. Dans une culture de la dignité, les gens auront tendance à se retenir, et avoir recours aux autorités et à la Justice. Dans une culture de l’honneur, la justice pourra avoir été dite, mais l’honneur ne sera pas restauré : il faut laver l’affront par une intervention personnelle.
    Autre exemple : une injure nécessite une réponse dans une culture de l’honneur, réponse qui peut être violente. Dans une culture de la dignité, l’évitement est une stratégie acceptable.
  • culture de la victimisation, où l’important est de montrer que l’on appartient à une catégorie opprimée de la population. Autrement dit, ce qui est valorisé, ce n’est pas d’être un dur ne montrant pas sa faiblesse (comme dans les cultures de l’honneur), ni être impassible face aux manquements lorsqu’ils sont mineurs (comme dans les cultures de dignité), mais d’être une victime.

Je trouve ces catégories intellectuellement intéressantes, pour saisir par exemple pourquoi tel pays avec une législation très souple sur les armes à feu (comme la Finlande ou la Suisse, qui comptent parmi les pays avec le plus fort ratio armes/habitant) a un taux d’homicide cinq fois moins important qu’un autre pays réputé être tout aussi souple sur les mêmes armes à feu (USA, hm hm).

Je développe également ce point pour vous teaser un futur article sur le worldbuilding, mais chut, on verra ça dans six mois.

C’était mieux avant ! Vraiment? Partie 2

Un an, déjà !

Bonjour à tous !

Le 2 juillet 2017, je lançais ce blog sur un coup de tête. L’envie de partager mon enthousiasme (qui, je l’espère, est communicatif, ne serait-ce qu’un tout petit peu !), de me soumettre au délicat exercice consistant à présenter un écrit à un public (exigeant, j’ose le croire) de lecteurs, d’apprendre des choses en retour : tout cela m’a motivé.

Bilan, au bout d’un an?

Je suis satisfait. Très satisfait.

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Starfish, de Peter Watts : voyage dans les profondeurs.

Bonjour à tous,

Vous en avez marre de l’espace? Vous voulez explorer d’autres contrées, moins arpentées par nos pionniers des mondes imaginaires? J’ai peut-être ce qu’il vous faut dans ma besace.

Starfish est un roman de Peter Watts, un auteur que j’apprécie fortement -ce qui ne sera une surprise pour personne puisque je l’ai déjà évoqué dans mon article sur  Vision Aveugle ou sur le recueil de nouvelles Au-delà du Gouffre-. Il s’agit du premier roman de la trilogie Rifteurs.

Alors, Starfish, qu’est-ce que c’est? Niveau ambiance, c’est un mélange entre un thriller horrifique et un roman de hard-SF. Vous allez suivre Lenie Clarke, une demoiselle dépêchée au fond de l’Océan Pacifique pour assurer l’entretien d’une sorte de station électrique géothermale située sur le plancher océanique, à quelques 3000 mètres de profondeur.

Ici, vous trouverez des ténèbres éternelles. Une pression écrasante. Des créatures difformes, qui rôdent et attendent leur heure. La solitude, loin du tumulte de la surface.

Autre détail, qui n’est pas totalement anodin à mon sens : Starfish est, à ma connaissance, le premier roman publié de Peter Watts (en 1999, donc), roman qui est lui-même la prolongation d’une de ses premières nouvelles (une Niche, donc, que vous pouvez retrouver en français dans l’excellent recueil de nouvelles publié aux Editions Le Bélial’ : Au-delà du Gouffre).

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Editions Fleuve Noir, traduit en 2010 par Gilles Goullet.

Tenté? Parfait. C’est par ici.

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