Eclipse Phase : un Jeu de Rôle futuriste, transhumaniste et incroyablement complet.

Bonjour à tous !

Désolé pour ce long silence. Des problèmes de santé, alliés à des problèmes familiaux, m’ont fait réévaluer un temps mes priorités. Mon blog en a, de ce fait, souffert. J’essaie de réparer, aujourd’hui, un peu de mon retard.

Cela faisait un certain temps que je n’avais pas évoqué le Jeu de Rôle. Il me faut réparer cet oubli. Et comment mieux le réparer qu’en évoquant une belle découverte, que je dois à une patate des ténèbres : Eclipse Phase.

Ton esprit est un logiciel. Programme-le.
Ton corps est une coquille. Change-le.
La mort est une maladie. Soigne-la.
L’extinction approche. Affronte-la

Ce Jeu de Rôle est exigeant.  Il s’inscrit dans un univers futuriste, mélange de SF d’anticipation, de Space Opera, de Cyberpunk, je pense pouvoir affirmer qu’il s’agit avant tout d’une SF transhumaniste à tendance dystopique. Ce jeu, publié par Posthuman Studios, et traduit en français par Black Book Editions, est un coup de coeur.

Le présent article s’appuie sur ma lecture, en anglais, du livre de base, et des suppléments suivants :

  • Panopticon ;
  • Transhuman ;
  • Sunward ;
  • Rimward ;
  • Gatecrashing.

Il me manque deux suppléments de contexte, Firewall et X-Risks.

Mais déjà, ce que je me propose de faire est beaucoup trop ambitieux, pour ainsi dire impossible : comment résumer en quelques centaines de mots l’univers d’Eclipse Phase? Les connaisseurs, j’en suis sûr, acquiescent en me lisant : Eclipse Phase est un jeu exigeant, mais c’est surtout un jeu disposant d’un univers incroyablement riche, dense, profond (autant voire plus que Shadowrun, un jeu qui a eu quelques décennies pour développer son univers). Impossible, certes, mais je vais malgré tout essayer (en survolant : il me faudrait rédiger toute une série d’articles si je voulais exposer véritablement l’ensemble de l’univers proposé !).

Curieux d’en découvrir plus? C’est parti.

L’Univers, cet endroit impitoyable

La Terre n’est plus. Il y a eu la Chute, il y a dix ans de cela. Les circonstances ne sont pas claires : les TITANs, un réseau d’IA chargé de la défense des intérêts de la transhumanité, semblent avoir décidé de se rebeller. A cette occasion, la Terre a été ravagé : elle a rougeoyé d’un sanglant holocauste. Les hordes de réfugiés ont tenté de fuir, en vain, pour beaucoup.

Certains auront réussi à fuir physiquement. Le personnel indispensable, quelques chanceux. Beaucoup auront réussi à fuir en se téléchargeant (ego casting est le doux nom donné au fait de pouvoir transférer son esprit d’un terminal à un autre). Parmi ces derniers, certains pourront se retrouver un biomorph, c’est-à-dire un corps de chair et de sang élevé en cuve. D’autres, les moins chanceux, les plus pauvres, se réincarneront dans un synthmorph, un corps robotique, synthétique, parfois (souvent?) mal perçu. Enfin, énormément resteront sous la forme d’infomorph, c’est-à-dire sous forme de données évanescentes, piégés dans les serveurs et réseaux. Grâce à des contrats d’indentures avec les hypercorps, c’est-à-dire des conventions de domesticité volontaire, les infomorphs peuvent réussir à se dégoter un synthmorph : il leur suffit, pour cela, d’échanger leur liberté (pendant quelques années) et leur force de travail contre un corps.

La transhumanité a survécu à la Chute. Traumatisée, mais résiliente, elle s’est divisée en de nombreuses factions, elle a migré partout dans le système solaire -voire au-delà, après la découverte des Portes, façon Star Gate SG1-. Chacun a son idée et sa théorie des raisons de la Chute. Les TITANs ont, soudainement, quasi-totalement disparu : là aussi, chacun y va de son hypothèse. Un système de défense hyper-complexe s’est éveillé, a encerclé la Terre, empêchant quiconque de la quitter depuis maintenant 10 ans. Là encore, chacun vient participer à son débat ajouter son grain de sel.

En réalité, personne n’en sait rien. Des rumeurs, des délires, des faits troublants : voilà tout ce qu’ont les gens. Alors, ils continuent leurs vies. Ils s’adaptent à leurs morphs. Ils migrent dans tel ou tel coin du système solaire. Ils militent, ici ou là.

Les Morphs

Vous aurez sans doute relevé qu’à plusieurs reprises, j’ai évoqué les morphs : il s’agit, ni plus ni moins, des corps dans lesquels vous pouvez télécharger votre esprit. Tout le monde (ou presque) dispose d’une puce corticale enregistrant vos données. Votre esprit est logiciel. Pour le meilleur ou pour le pire : vous êtes virtuellement immortel, mais vous voilà confronté à des questions abyssales : quel est le statut des forks, c’est-à-dire de vos doubles temporaires? Sont-ce des personnes à part entière, ou de simples prolongements de vous-mêmes, voués à se fondre à nouveau en vous? Cette immortalité à portée de main, est-ce là une bonne chose? La structure du pouvoir ne risque-t-elle pas de se fossiliser, les mêmes restant éternellement en vie -et aux manettes-?

Sans compter l’identité sexuelle (après tout, vous pouvez changer de corps aisément, et rien ne vous oblige à prendre un corps du même sexe que votre corps de naissance), voire l’identité en tant qu’espèce -il est possible, voire recommandé, de se télécharger dans des corps adaptés aux situations ; un corps d’hominidé n’est pas optimal pour certaines missions sous-marines, pour prendre un exemple basique-. Sur ce dernier point, on peut même aller plus loin : toutes les personnes en apparence humaines que vous croisez ne sont pas nécessairement humains. Vous avez des néo-corbeaux, des néo-chimp, des néo-pieuvres et autres néo-cétacés : ces animaux évolués afin d’obtenir la sapience peuvent, eux aussi, changer de corps !

neo-ape

Le Système Solaire après la Chute

Géographie du Système Solaire

Dans Eclipse Phase, le système solaire est divisé, en substance, en deux grandes « régions » : le système solaire intérieur et le système solaire extérieur.

Le système solaire intérieur est la partie du système solaire comprise à l’intérieur de la ceinture principale d’astéroïdes. On y retrouve Mars, la Lune, la Terre, Venus et Mercure. Il s’agit du coeur historique de la transhumanité, et là où se situe la majorité de la population. Le système économique y va du capitalisme classique à l’économie de transition (c’est-à-dire une économie mixant le capitalisme ancien avec l’économie nouvelle issue des nanotechnologies et des cornes d’abondance -ce qui permet de créer, à peu près, n’importe quoi pour presque rien-). Ici, vous trouverez :

  • une Mars populeuse et déchirée entre les hypercorpos, les habitants de la Mars profonde, les millions d’immigrés récents et autres factions ;
  • une Lune conservatrice, tout comme la plupart des stations orbitales situées autour de la Terre -elles sont passées , du fait de la Chute, d’une situation très privilégiée d’accès obligatoire au monde d’origine à la périphérie dangereuse-, où d’immenses cavernes et tubes de laves abritent des cités champêtres de plusieurs millions d’habitants ;
  • Venus et sa toute nouvelle indépendance à l’égard du Consortium Planétaire : ici, vous pourrez vivre des aventures aériennes dans les cités volantes, ou des explorations à haut risque sur le plancher des vaches, où des conditions cauchemardesques rendent la moindre erreur potentiellement désastreuse.
  • une Mercure inhospitalière, où la transhumanité a toutefois réussi à s’établir, que ce soit pour pouvoir mener des recherches loin des yeux indiscrets, des prisons particulièrement isolées ou autres exploitations minières.
  • un Soleil où les astéroïdes vulcanoïdes et les stations spatiales isolées ne sont pas si rares. Un coin isolé, un peu à part du reste du système solaire (à mon sens), où on pourra rencontrer des modes de vie assez… extrêmes.

Le système solaire intérieur est le terrain de jeu des hypercorporations, mais aussi d’entités politiques comme le Consortium Planétaire, l’Alliance Lune-Lagrange ou encore la Morningstar Constellation.

Le système solaire extérieur est la partie du système solaire allant au-delà de la ceinture principale d’astéroïdes. Ici, vous y trouverez de tout : des technosocialistes, des conservateurs -ou fascistes, selon le point de vue-, des anarcho-primitivistes, des anarcho-transhumanistes, des anarcho-collectivistes, des anarcho-capitalistes, des mutualistes, des utilitaristes, des objectivistes, des exhumains (des gens convaincus que la notion d’humanité est obsolète et doit être dépassée), des brigands plus ou moins horribles, et j’en oublie énormément. La transhumanité se répand : des lunes de Jupiter à celles de Saturne, elle s’étend jusqu’à Pluton, Charon, Eris … et même au-delà !

Ajoutez à ce tableau les stations spatiales (assez nombreuses, hein, puisque cela va de la petite station spatiale très simple au cylindre O’Neill, en passant par les Bulles de Cole) qui pullulent un peu partout, jusqu’en dehors du plan de l’écliptique, les planètes lointaines que vous pouvez atteindre grâce aux mystérieuses Portes, le mystère entourant la présence (ou pas) de survivants sur la Terre ravagée, les simulations virtuelles, et vous entrapercevrez peut-être toute l’étendue de l’univers qui nous est proposé !

Les factions

Les idéologies sont nombreuses en cette ère post-Chute. Je vous en propose un bref aperçu, que vous puissiez saisir les principaux courants qui travaillent la transhumanité dans le monde d’Eclipse Phase.

  • Les brinkers. Je commence par eux pour la simple et bonne raison qu’il ne s’agit pas, véritablement, d’une idéologie en tant que telle. Le seul point commun entre les communautés brinkers est leur isolationnisme. Pour le reste, il s’agit avant tout de communautés voulant qu’on les laisse tranquille, que les habitats concernés soient l’objet d’expérimentations politiques et sociales, des communautés religieuses, des communautés voulant créer une société post-sexuelle (ou, a contrario, voulant préserver le schéma biologique de la transhumanité), des communautés d’exilés paranoïaques, des criminels, des habitats-clans regroupant les membres d’une famille élargie, des sectes, des nazis de l’espace, des communautés rejetant la technologie et voulant retourner à un mode de vie plus authentique, plus humain, des communautés d’artistes consacrant leur vie à une oeuvre grandiose, etc etc…L’imagination, ici, est la seule limite.Un monastère perdu dans une station spatiale orbitant autour de Saturne? C’est possible.
    Un SimulSpace réservé sur invitation, et exclusivement, aux fans de Star Trek, reproduisant leur univers préféré? Yep.
    Une station orbitale de féministes radicales voulant vivre loin du patriarcat en chassant tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à un homme? Cela existe certainement. Idem pour toute autre idée extrémiste.
    Un refuge survivaliste, un peu paranoïaque sur les bords -mais vu la Chute et les dangers menaçant la transhumanité, cette paranoïa n’est-elle pas saine?- C’est possible.
    Un habitat, perdu dans les confins de la Ceinture de Kuipler, absolument mystérieux dont les habitants poursuivent des buts incompréhensibles -à tel point qu’on peut légitimement se demander s’ils sont encore transhumains-? Aucun problème.
    Un exemple de cette dernière catégorie est présent à la p. 141 du supplément Rimward : la Simulation de Reyes.Edward Reyes est le propriétaire d’un vaisseau spatial évoluant aux confins de la Ceinture de Kuipler, le Scylla. Ce dernier a créé une expérimentation sur les serveurs du vaisseau : Reyes souhaitait atteindre l’apogée de son être. Pour cela, il a créé une méthode simple et brutale : une série d’environnements simulés aussi diversifié que mortel. Il s’est téléchargé dans ces environnements, qui opèrent à la vitesse maximale. Tout les cinq jours, il est dupliqué quatre fois, chaque duplicata possédant une mutation aléatoire. Si un Reyes meurt, c’est définitif.
    Un SOS a été reçu, envoyé (probablement) par un des duplicata. On ignore tout de la situation là-bas. Au rythme où vont les choses, il y a probablement plusieurs milliers de Reyes, qui ont peut-être même créé une société possédant des idéologies politiques concurrentes.
    Le temps d’atteindre le vaisseau (8 mois de voyage, soit 40 ans en temps réel), quel sera l’état de la simulation? Qu’est-ce qui en émergera? A vous de l’imaginer.

 

  • les Bioconservateurs. Il s’agit d’une force intéressante en ce qu’elle illustre une autre facette de la transhumanité : les évolutions rapides, radicales, induites par l’utilisation des nouvelles technologies ne vont pas sans questionnement, voire rejets.L’idée principale peut être exprimée simplement : il faut veiller à réguler le progrès technologique pour éviter une menace grave pour l’ordre social existant (voire, pour la transhumanité dans son ensemble).Ce courant politique va du conservatisme religieux à l’écologisme primitiviste, en passant par toute une variété d’autres courants rejetant la nanofabrication, les modifications génétiques, le clonage, les modifications cognitives, l’intelligence artificielle, l’élévation des autres espèces animales, la duplication des egos, les sauvegardes, le téléchargement d’esprit, le changement de corps (ou de sexe) etc etc.

 

  • les Ultimates. Vous voyez, les spartiates? Les ultimates s’en rapprochent, avec un accent fort mis sur l’eugénisme et le darwinisme social, et ce sur fond de société militariste. Je vous fournis deux extraits, que je tire de Rimward (p.116 et 117) :

    I stand apart, for I rely on myself.
    I stand above, for I do not fall.
    I look within, to see the need for growth.
    I look beyond, to face new challenges.
    I move ahead, to claim the future.
    I rise, for I am worthy.
    I am Ultimate.
    —The Declaration, made upon recognition as an Aspirant.

    You have survived. Where billions of others have faltered, you have fought through the fall of humanity and endured the birth pangs of transhumanity. For that, you are to be congratulated. That is all, congratulated: a fleeting acknowledgement of a past accomplishment.
    So, now what? Spend your days working to afford nights in a VR paradise? Shuffle through immortality caring about which XP stars are doing what to whom? Then what—some new distraction? Why? So many live with scales on their eyes, blind to the potential and promise surrounding them, because they are too lazy to take it.
    You seek. What, you may not know, but you have the strength to search for more where the rest of transhumanity says “we have enough.” You realize that being better is not good enough, not when you can be the best. For that, you are to be recognized, and so I challenge you: Be better than you are. Understand that there is more to do than can ever be done, yet declare to yourself and the universe that you are undaunted and resolute. Tell me you are capable, know it to be true, and prove it. Claim your position as one of the ultimates … or don’t. Continue on, subject to the whims of others who own your body and control your fate. Whine impotently at the actions of each leader or government that you blame for your life. Squander the opportunity the rest of transhumanity fought the TITANs for, and died to give you, and hope that the skill of others will save you again in the future.
    Ultimates are the uncommon few. Many are not fit to join us. Which are you?
    —Excerpt from The Challenge, by Autarch Katalin Asztalos

    Si je devais traduire la chose, cela donnerait :

    Je reste à part, car je ne compte que sur moi-même.
    Je reste au-dessus, car je ne m’abaisse pas.
    Je regarde en-dedans, pour voir ce qui doit grandir.
    Je regarde au-delà, pour affronter de nouveaux défis.
    Je vais de l’avant, pour conquérir l’avenir.
    Je m’élève, car je le mérite.
    Je suis Ultime.

    Vous avez survécu. Là où des milliards d’autres ont échoué, vous avez combattu la chute de l’humanité et enduré les douleurs de la naissance de la transhumanité. Pour cela, il faut vous féliciter. C’est tout : féliciter. Une reconnaissance fugace d’une réalisation passée.
    Et maintenant, quoi? Vous pouvez passer vos journées à travailler pour vous permettre de passer vos nuits dans un paradis RV? Passer votre immortalité à flâner,  soucieux de savoir quelle star XP fait quoi à qui? Et puis quoi? Un nouveau divertissement? Pourquoi? Tant de gens vivent les yeux fermés, aveugles au potentiel et aux promesses les entourant, parce qu’ils sont trop fainéants pour les saisir.
    Vous, vous cherchez. Vous ne le savez peut-être pas, mais vous avez la volonté d’en vouloir plus là où le reste de la transhumanité dit « nous avons suffisamment ». Vous savez que s’améliorer n’est pas assez, pas quand on peut être le meilleur. Pour cela, vous devez être salué, et c’est pourquoi je vous mets au défi : devenez meilleur que ce que vous êtes. Comprenez qu’il y a plus à faire que ce qui peut être fait en une vie, tout en proclamant à soi et à l’Univers que cela ne vous intimide pas, que vous êtes résolu. Dites-moi que vous êtes à la hauteur, que vous en avez la conviction, et prouvez-le par vos actes. Venez prendre votre place au sein des Ultimes …
    ou ne le faites pas.
    Végétez donc, sujet aux caprices de ceux qui possèdent votre corps et contrôlent votre destin. Pleurnichez piteusement sur les actions des puissants ou des gouvernements, que vous tenez pour responsable de vos malheurs. Perdez l’opportunité pour laquelle le reste de la transhumanité a combattu, et pour laquelle tant sont morts, et espérez que les compétences d’autrui vous sauveront à nouveau à l’avenir.
    Les Ultimes ne sont pas chose courante. Beaucoup ne sont pas faits pour nous rejoindre. Dans quelle catégorie êtes-vous?

    On comprendra qu’on n’est pas sur un profil pacifiste, bobo-écolo à vélo, ici.

    On est davantage sur un groupe para-militaire, appréciant particulièrement les modifications corporelles et autres améliorations génétiques, obsédé par la perfection physique et mentale. Un style de vie ascétique, un entraînement constant, la volonté permanente de vouloir s’améliorer. Oui, les Ultimes (j’ignore la traduction française) méprisent les inférieurs. Mais il ne s’agit pas, à proprement parler, d’un mouvement raciste (du moins, pas nécessairement) : n’importe qui peut les rejoindre, tant qu’ils sont prêts à se montrer à la hauteur. La pureté raciale n’importe pas : la thérapie génique est bonne dès lors qu’elle améliore les performances de l’individu.

 

  • les Exhumains sont à distinguer des Ultimates en ce qu’ils poussent beaucoup plus loin l’idée d’eugénisme. La différence, en peu de mots, n’est pas de créer un meilleur transhumain mais de rejeter, comme obsolète, la notion même d’humanité et de transhumanité.Les Exhumains veulent devenir autres, les rendant de fait étrangers à la morale et à l’éthique communément partagée par le reste de leurs ex-semblables. La prédation, par exemple, n’est pas exclue…

 

  • les Mercurials sont un groupe de militants défendant les droits des uplifts (j’ignore la traduction française de ce dernier terme).Les uplifts, ce sont les descendants d’animaux sensibles, modifiés à la suite de longs projets d’ingénierie génétique afin d’accéder à la sapience. On y trouve, donc, des néo-chimpanzés, néo-bonobos, néo-pieuvres, néo-corbeaux, néo-perroquets, néo-cétacés et autres néo-cochons. Ces expériences, bien sûr, ne sont pas allés sans débats virulents : est-il du devoir de l’humanité de permettre aux espèces les plus proches de la sapience d’y accéder? Ou, au contraire, s’agit-il d’une erreur ignoble, que ce soit pour des raisons religieuses (l’homme jouant à Dieu), éthique (l’humanité n’a aucun droit sur la destinée des autres espèces) ou baroque (le fardeau de l’intelligence est trop lourd à porter pour l’infliger à ces pauvres êtres)?Au-delà de cela, deux questions sont soulevées : les uplifts sont-ils des personnes juridiques, c’est-à-dire des transhumains comme les autres? C’est la question juridique. Au-delà de cette question juridique, vous avez un débat culturel : les uplifts sont-ils amenés à s’intégrer dans les sociétés humaines, ou doivent-ils faire sécession (en un sens) et développer leurs propres règles sociales, leurs propres cultures?Les mercurials sont un groupe qui prennent position dans ces débats : bien entendu, les uplifts sont des personnes juridiques, mais ils divergent de l’autre grosse faction uplift en ce qu’ils sont anti-assimilation : ils considèrent qu’il est souhaitable de développer des règles sociales non-humaines, originales.

upliftoctopus

 

  • les Reclaimers sont une faction qui a un but évident, clair, simple : récupérer la Terre. Après la Chute, la Terre a été évacuée (et du monde a été laissé derrière). Une barrière défensive a été dressée autour de la Terre, empêchant quiconque d’y atterrir…et surtout d’en décoller.Cela fait plus de dix ans. Les TITANs semblent avoir disparu. La transhumanité doit récupérer son monde natal : c’est là la conviction très profonde des Reclaimers. Cet enthousiasme n’est pas partagé : qui sait quels dangers attendent la transhumanité là-bas? Et, outre le côté symbolique, que reste-t-il à récupérer sur ce monde dévasté? Les risques dépasseraient les bénéfices, suscitant une certaine réticence d’une part importante des pouvoirs politiques transhumains.

Ma conclusion personnelle

Un jeu de rôle exigeant, tant le système de règles n’est pas simple à maîtriser (côté joueur et côté MJ), mais qui permet de plonger dans un univers riche, cohérent et profond, et de se confronter à des thématiques passionnantes, typiques de la SF.

Mon rêve? Une adaptation en série. J’ai le sentiment que ce pourrait être bien mieux que The Expanse !

Pour aller plus loin

Samuel Ziterman, qui possède un compte twitter, une chaîne youtube, un twitch, et qui vous propose (en français) une campagne dans le monde d’Eclipse Phase.

Le Blog de Nébal, qui vous propose une série d’articles sur les divers suppléments du jeu (et le livre de base, bien sûr).

 

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