Nous vivons un nouvel âge spatial : ce début d’année le confirme !


Bonjour à tous !

Si vous suivez un peu l’actualité spatiale, vous avez dû être inondés d’informations sur ce qui va suivre. Je vous prie de bien vouloir excuser de me joindre ainsi au concert d’articles sur le sujet, mais je ne peux que demander l’indulgence : non seulement le sujet me passionne mais surtout c’est une excellente excuse pour mettre en perspective le nouvel âge spatial qui s’annonce.

La Chine sur la face cachée de la Lune !

Vous avez certainement dû voir passer des informations sur l’exploit chinois. Mais revenons-y quelques moments, dans l’éventualité où vous n’auriez pas pu vous attarder sur la question.

A la suite des missions chinoises précédentes, notamment la mission Chang’e 3, la Chine a réussi l’étape suivante de son programme spatial.

Il s’agit, en l’espèce, de la mission Chang’e 4, qui a été légèrement décalée à la suite de l’échec du lanceur Longue Marche 5 en juillet 2017, échec qui concernait la mission Chang’e 5 (je l’avais mentionné dans le tout premier article de mon blog !).

Chang’e 4, donc, a été un succès. La mission impliquait de réussir à poser un module sur la face cachée de la Lune, ce qui n’avait jamais été fait jusque-là. Outre l’aspect scientifique de la mission, il s’agit bien évidemment de démontrer que la Chine compte parmi les grands acteurs spatiaux du XXIème siècle, en réalisant un exploit jamais réalisé jusque-là. Outre l’atterrisseur, le module comprend un rover, Yutu 2.

Une petite parenthèse : peut-être que certains se demandent pourquoi le rover est le second du nom à s’appeler « Yutu » (Lapin de Jade, en chinois). Je vous invite à vous renseigner sur la mission précédente, Chang’e 3.

Il s’agit d’une nouvelle illustration de la course à la Lune, qui concerne aussi bien les nouveaux acteurs de la scène de la conquête spatiale (Chine, Inde, Israël, Japo nnotamment) que des acteurs privés (Space IL, par exemple ; la NASA a aussi annoncé en décembre dernier qu’elle avait choisi neuf entreprises privées pour construire des atterrisseurs et livrer du matériel sur la Lune dans les prochaines années). Il s’agit donc d’un nouvel épisode du Nouvel Âge Spatial !

Il ne nous reste plus à attendre, côté chinois, l’envoi à la fin de l’année de la mission Chang’e 5, puis dans les années 2020 de la mission Chang’e 6 (qui prévoit un aller-retour, afin de ramener des échantillons). A long terme, un village spatial est prévu -mais, à mon sens, cela reste encore fort théorique-.

Encore et toujours la Lune : quand une start-up israélienne nous rejoue la mission Apollo !

SpaceIL, j’en ai déjà parlé à de nombreuses reprises. Déjà, pour commencer, il y a deux paragraphes à peine. Ensuite, je l’ai évoqué plusieurs fois dans mon article sur le Google Lunar X Prize, un concours qui n’aura pas réussi à voir un vainqueur émergé, mais qui aura permis à un certain nombre d’acteurs privés de se manifester et d’essayer de faire atterrir une sonde sur le sol lunaire.

SpaceIL, donc, est une start-up israélienne avec laquelle je vous ai déjà bassiné. Pourquoi l’évoquer à nouveau?

Parce que l’atterrisseur de SpaceIL a décollé dans la nuit de jeudi à vendredi (soit le 21/22 février 2019 !). L’atterrisseur atteindra le sol lunaire en avril prochain : je vous en reparlerai à cette occasion.

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Cela sera un événement historique, si la mission est couronnée de succès, pour une double raison :

  • Premièrement, cela fera d’Israël un des rares pays à avoir réussi l’exploit, avec les Etats-Unis, la Russie et la Chine.
  • Secondement, ce sera la première fois qu’une entreprise privée parviendra à égaler l’exploit des plus grandes puissances de notre monde !

Ultima Thulé et les profondeurs du système solaire !

On s’éloigne un peu de la Lune. Quand je dis un peu, je minimise grandement la chose : nous allons au-delà de Pluton et Charon.

J’ai parfois des centres d’intérêts étranges (d’où le présent blog…). Les objets trans-neptuniens en font partie.

Quelle ne fut pas ma joie, donc, d’apprendre en janvier dernier que la sonde New Horizons avait pu observer un objet trans-neptunien de la ceinture de Kuipler !

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Crédit : NASA/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Southwest Research Institute

C’est une image qui me touche beaucoup. C’est sans doute bizarre, dans la mesure où il s’agit « seulement » de deux gros cailloux (35 kilomètres sur 15 kilomètres, en gros) flottant dans le vide.

Mais l’idée que nous puissions observer la chose représente à mes yeux quelque chose d’exceptionnel. On parle d’une sonde humaine, perdue dans les tréfonds de notre système solaire, à une distance que nos cerveaux de primates ne peuvent pas réellement concevoir.

Hayabusa-2 et Ruygu : quand le Japon impressionne

Je tiens à conclure cet article en évoquant, encore une fois, la sonde Hayabusa-2 de l’agence JAXA.

Cette sonde a pour mission de survoler un astéroïde sis à quelque 340 millions de kilomètres de la Terre. Exploit technique et technologique, c’est surtout une superbe aventure.

ryugu

Jeudi 21 février 2019, la sonde a commencé à approcher de l’astéroïde, quittant son orbite située à 20 kilomètres en surplomb, en vue de parvenir à récolter quelques grains de « poussière » d’astéroïde. L’idée, c’est de s’approcher assez près pour pouvoir lancer une « balle » dans l’astéroïde, et de récolter un petit peu de la matière éjectée par l’impact.

Je souhaite à cette mission une réussite totale, et un prompt retour sur Terre à la fin de l’année 2020 !

6 réflexions sur “Nous vivons un nouvel âge spatial : ce début d’année le confirme !

    1. On est au-delà de la SF, ici, puisque c’est la réalité !
      Je trouve dommage que le monde médiatique et politique français soit si concentré sur des sujets, à mes yeux, infiniment secondaires (« l’affaire » Décathlon étant le dernier épisode de ce genre en date…).

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    1. Je partage ton enthousiasme (tu t’en doutes !).
      Et je n’ai fait qu’effleurer la chose, puisqu’il me semble que Moon Express (une start-up américaine) va lancer sa sonde à partir d’un lanceur Electron (de Rocket Lab, une entreprise néo-zélandaise) à partir d’un pas de tir privé !

      Ou que l’Inde va aussi lancer une sonde sur la Lune, en avril de cette année !

      Et j’en oublie certainement… C’est un peu fou !

      Aimé par 1 personne

  1. Le monde est un éternel recommencement. Il y a un petit côté « guerre froide » le retour, avec en ligne de lire toujours et encore la Lune. Sauf que les prétendants sont un peu plus nombreux et diversifiés. Intéressant.

    Merci pour ce petit point lunaire.

    Aimé par 1 personne

    1. Je ne suis pas certain que le parallèle avec la Guerre Froide soit totalement pertinent. Il y a, sans doute, de la part des pays asiatiques, une affirmation de puissance (par rapport aux USA, les uns par rapport aux autres…). Mais je crois que nous sommes moins sur des enjeux géopolitiques et militaires, et davantage sur des enjeux économiques potentiels.
      Cela fantasme pas mal sur une nouvelle station spatiale en orbite lunaire, qui serait un « hub » vers le reste du système solaire, ou sur l’exploitation des ressources lunaires (avec quel rendement? C’est le grand mystère…).

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