C’était mieux avant ! Vraiment? Partie 1

Notre monde moderne, égoïste, laisse les gens mourir de faim !… Vraiment?

Il n’est pas rare, hélas, de voir évoquer, avec les meilleures intentions du monde, telle ou telle région du monde, en utilisant force misérabilisme et appel à l’empathie. Souvent, l’empathie laisse place à la colère, et les coupables sont tout désignés : le capitalisme, l’ultra-libéralisme, Monsanto, ou que sais-je encore.

La famine

Jetons un coup d’oeil à un petit graphique. Cela ne peut pas faire de mal.

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Victimes de famines, décennie par décennie, de 1860 à 2016

Comme vous pouvez le voir, vous avez pas mal de morts avant les années 1980.

Petit retour sur la situation avant les années 1980

Dans les années 1970, vous avez de nombreuses famines en Afrique (Nigéria, Mauritanie, Mali, Tchad, Niger, Burkina Faso, Ethiopie…), et une grosse famine au Cambodge à la suite de l’arrivée au pouvoir des Khmers Rouges (2 millions de morts environ, soit à peu près un tiers de la population, ce qui est assez conséquent…).

Vous avez, dans les années 1960, le « Grand Bond en Avant » de Mao Zedong, qui dura de 1958 à 1961, et qui aurait causé entre 15 et 35 millions de morts. Pour rattacher cela à la fiction, je peux citer Le Problème à Trois Corps, de Liu Cixin, qui se déroule (en partie) pendant cette période.

Dans les années 1940, vous avez des famines liées à la Seconde Guerre Mondiale (la famine du Bengale, qui causa de 4 à 5 millions de morts, la famine soviétique de 1946/1947, qui causa plus d’un million de morts, la famine vietnamienne de 1945, qui causa environ un million de morts, et des famines en Grèce, au Rwanda, en Pologne, au Maroc…).

Dans les années 1920 et 1930, vous avez un certain nombre de morts liés à la révolution bolchévique et ses conséquences. Sans viser l’exhaustivité, vous avez une famine en 1921/1922 faisant 5 millions de morts environ puis une nouvelle famine en 1931/1933 faisant 7 à 10 millions de morts.

Et après les années 1980?

Vous avez encore des famines, mais bien moins meurtrières, et concentrées essentiellement en Afrique (à l’exception notable de la Corée du Nord). Depuis la décennie 2010, la situation de l’Afrique, au niveau de sa sécurité alimentaire, s’est améliorée (mais il est à craindre que le conflit au Yémen n’augure une nouvelle famine -vous me direz, ce n’est pas en Afrique, mais cela reste désolant…-).

Nous vivons, de fait, une époque d’abondance, et cette abondance concerne de plus en plus de monde.

La sous-nutrition

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La sous-nutrition est définie de la façon suivante : un individu est considéré comme étant sous-nourri lorsque son régime alimentaire le conduit à disposer de moins de calories que certains seuils prédéterminés, ces seuils étant fixés en fonction du nombre de calories nécessaires pour pouvoir mener une activité sédentaire.

Ici, nous nous concentrons sur une période plus récente, allant de 1991 à 2016. En l’espace de 25 ans, nous sommes passés de plus d’un milliard de personnes en situation de sous-nutrition à un peu moins de 800 millions, avec un pic en 2016 refaisant passer la barre des 800 millions.

La situation en 2016 est liée à la conjonction tragique de multiples conflits (Syrie, Yémen, Etat Islamique, Soudan du Sud…) et des événements climatiques (El Niño) ayant conduit à des sécheresses et des inondations.

Rendez-vous compte : en l’espace d’une génération, deux cent millions de personnes sont sorties d’une situation de sous-nutrition : ils mangent à leur faim.

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Quand on se concentre sur les pays en voie de développement, on constate également une nette amélioration. On passe de plus de 30% de la population en situation de sous-nutrition à moins de 15%.

Alors oui, la situation n’est pas parfaite ; 15% de la population des pays en voie de développement souffre encore de la faim, c’est énorme, et insatisfaisant. C’est tout à fait vrai. Mais voilà : en 1970, vous aviez près du tiers de la population mondiale souffrant de sous-nutrition. Que de chemin parcouru !

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Voilà la tendance, décomposée par grandes régions. Je vous laisse étudier la chose, et en tirer vos propres conclusions.

Conclusion

Le monde n’a jamais eu autant de nourriture. Non seulement il n’y a jamais eu autant de nourriture, mais surtout jamais une si faible proportion de la population mondiale n’a eu à souffrir de la faim.

De fait, nous vivons à une période où la famine est un danger qui paraît de plus en plus abstrait à une part toujours plus importante de la population. Cette baisse tendancielle de la faim est à saluer.

Quant aux causes de cette baisse tendancielle, je vous laisse en débattre. Le point, ici, est bien de pointer l’existence de cette tendance baissière : après tout, il n’est possible de discuter des causes d’un phénomène que si on admet l’existence dudit phénomène.

Une dernière remarque : l’état de nature, qui serait celui que nous devrions ardemment désirer, c’est la famine à intervalles réguliers -ce qui assure un bon contrôle de la démographie, certes-.

J’ai l’impression (désagréable) que beaucoup de gens voient les dégâts de l’agriculture moderne, mais oublient les raisons qui y ont mené : sortir de l’état de pénurie, manger à sa faim. Notre génération doit réussir à minimiser les inconvénients, et gérer les conséquences négatives de l’abondance (obésité…), mais ces réalités-là ne doivent pas nous faire oublier le chemin parcouru.

Avec le démantèlement des systèmes de santé, les gens sont de plus en plus vulnérables !… Vraiment?

Nous vivons de plus en plus longtemps.

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On notera que l’Europe a vu son espérance de vie augmenter un peu plus tôt que le reste du monde. Bien avant l’apparition de la Sécurité Sociale, ou des assurances sociales obligatoires.

Le passage d’une espérance de vie à 30 ans (entre 25 et 35 ans) à plus de 60 ans (et jusque 80 ans) en l’espace d’un peu plus de deux siècles s’explique par une multitude de facteurs, qu’il serait fastidieux de lister et d’expliquer. Synthétiquement, je pense pouvoir pointer les progrès de l’hygiène, de la vaccination, la découverte de la pénicilline et les progrès de la médecine en général, mais aussi, la généralisation de la mécanisation et l’invention des engrais (-qui ont permis de mettre fin au plus gros de l’aléa alimentaire-).

De nos jours, il y a encore des progrès à faire, notamment contre les fléaux que sont le cancer, Alzheimer, les maladies cardio-vasculaires, les maladies congénitales, mais aussi  au niveau de la qualité de la prise en charge, la relation humaine et de confiance dans le système de santé…

L’autre piste, c’est que nous savons ce qui peut nous tuer. Manger du gluten ou pas est indifférent, en réalité, tout comme manger bio ou pas. Les principales causes de mortalité liées aux choix de vie, on les connaît bien, et depuis longtemps : le tabac, l’alcool, la sédentarité. Si vous voulez vivre longtemps, il n’y a pas 36 solutions pour maximiser ses chances : éviter de fumer, boire de l’alcool avec beaucoup de modération, avoir une activité sportive régulière (ou à tout le moins un mode de vie actif, avec pas mal de marche à pied, des montées d’escaliers).

On notera que l’augmentation de l’espérance de vie n’a pas toujours le même point de départ, mais est plutôt généralisée, à l’exception notable de l’ex-URSS où l’espérance de vie a stagné entre 1960 et 1990.

Etude de cas : les décès dus à un cancer

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Lorsque l’on observe superficiellement ce graphique, on a l’impression que le nombre de décès du fait d’un cancer augmente beaucoup entre 1990 et 2016.

Une analyse un peu plus fine semble indiquer que l’augmentation concerne surtout les personnes de plus de 50 ans.

On passe, en gros, de 5,9 millions de morts par cancer à 8,9 millions, soit une augmentation de 56% !

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Il s’agit du même graphique que précédemment, mais avec une distinction par type de cancers.

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Mais voilà : lorsque vous regardez les décès par type de cancers non pas en valeur absolue, mais en proportion de la population, la conclusion n’est pas du tout la même : les cancers sont de moins en moins mortels (avec une baisse assez impressionnante du nombre de morts à la suite d’un cancer de l’estomac).

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Les deux tableaux ci-dessus permettent également de voir que la situation va plutôt en s’améliorant.  En effet, vous avez deux courbes à la hausse : le total des décès, et le taux de décès tout âge confondu. Mais en observant le taux de décès avec âge standardisé, le taux baisse de façon significative (on passe d’un indice 100 à un indice 79 environ). Qu’est-ce que ça veut dire?

Déjà, définissons ce que ça veut dire, age-standardized : c’est une technique statistique servant à permettre la comparaison des populations ayant des structures d’âge différentes. Pourquoi faire? Il s’agit d’éliminer le facteur âge, en évitant que la sur- ou sous-représentation relative de tel ou tel groupe d’âge obscurcisse les comparaisons entre les populations.

Le facteur âge étant neutralisé, on constate qu’en réalité, la mortalité dû à un cancer va en s’améliorant. Le IHME n’est pas le seul institut à aboutir à ce résultat : l’agence internationale de la recherche sur le cancer, rattaché à l’OMS, aboutit au constat de la même baisse du taux de mortalité (Source), en dépit d’une augmentation du nombre de cancers (je soupçonne des facteurs environnementaux ou culturels locaux, tant il y a de nettes différences d’un pays à l’autre).

Encore une fois, il s’agit de pointer l’existence de tendances positives : je laisse à plus compétent que moi le soin d’en expliquer les causes.

Le monde est de plus en plus violent, il y a de plus en plus de conflits !… Vraiment?

Le nombre de morts liés à un conflit n’a jamais été aussi bas

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Rappelons que les cavaliers de l’Apocalypse sont la Famine, la Pestilence (ou la Mort) et la Guerre. Ce sont des fléaux qui ont, au travers des éons, bridé le génie humain. La famine, la pestilence, on l’a vu, sont en train de perdre.

Premier point que je tiens à souligner : la guerre tue de moins en moins. C’est une bonne nouvelle.

Autre point : il y a de plus en plus de conflits.

Est-ce contradictoire? Absolument pas. En réalité, on a de plus en plus de conflits, mais ils sont de moins en moins inter-étatiques : des guerres civiles, parfois très localisées. Cela implique qu’on a affaire à des belligérants moins bien organisés, moins bien équipés, avec des destructions fortes, parfois, mais en bout de course un nombre de victimes beaucoup moins élevé.

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La chose, au fond, est logique. Pendant la Guerre de Corée, qui dura à peine trois années (pour 1,5 millions de morts environ, à comparer avec les 500.000 morts (environ) en Syrie, ou les 10.000 morts (environ) en Lybie), vous aviez des centaines de tonnes de bombes lâchées sur les centres industriels, à intervalles très réguliers.

Balancer des millions de litres de napalm n’est pas possible dans le cadre d’un conflit entre civils. Seul un Etat peut le faire, grâce aux impôts payés par la population.

On ne peut que regretter, bien sûr, la survenance de nombreux petits conflits localisés, et les centaines de milliers de morts qui vont avec. Mais il est faux de prétendre que la situation aurait empiré par rapport à un passé fantasmé, souvent les « Trente Glorieuses » (là où, à partir de 1980, le capitalisme triomphant et l’argent-roi auraient causé tous les maux du monde, dont de nombreuses guerres).

Non, le monde ne sombre pas dans le chaos : l’Etat Islamique, la Crimée, Gaza, la Birmanie, le Yémen, tout cela est digne de préoccupation, d’inquiétude, voire d’indignation, oui. Mais il n’est pas nécessaire de prophétiser un monde qui se disloque sous les coups de butoir de la haine, des conflits et autres catastrophes d’ampleur biblique (catastrophes que nous aurions méritées de subir en raison de nos pêchés, il va sans dire).

L’on pourrait longuement débattre des causes de la réduction du nombre de victimes, ou plus précisément de la réduction du nombre de conflits inter-étatiques par rapport aux décennies et siècles antérieurs. A mon sens, c’est un effet collatéral de la mondialisation des échanges commerciaux (l’interdépendance économique inhibe les conflits : ce qu’on peut avoir par le commerce, il n’y a pas besoin de le prendre par la force ; attaquer un voisin fournissant des produits essentiels, c’est nuire à ses propres intérêts).

C’est également un effet, je pense, du multilatéralisme, qui semble avoir eu son rôle à jouer (et je ne peux que relever que les interventions armées étatiques des dernières années brillent par un caractère commun : ce sont, très souvent, des chefs-d’oeuvre d’unilatéralisme).

C’est, enfin, un effet de la dématérialisation et de la financiarisation de l’économie. En effet, une économie se fondant sur les terres, le sol, le terrain, risque fort d’être stagnante (sauf révolution agricole, bien sûr). Le seul moyen d’obtenir beaucoup plus de richesses, c’est de voler les terres du voisin. Il s’agit d’un jeu à sommes nulles. Avec la révolution industrielle, la révolution informatique, agricole, génétique, l’économie a changé de nature et est devenue très largement un jeu à somme positive. Dans ces conditions, il n’y a plus de besoin de tuer son prochain : c’est une erreur, une vacuité inutile, plus que jamais.

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Autre thème relatif à la violence : les homicides. Je prends les cas extrêmes : bien sûr, la violence ne se limite pas aux homicides, hein, je suis au courant ; simplement, les homicides sont plus simples à suivre : a priori, on n’a pas un phénomène de sous-déclaration, de sorte qu’une baisse des statistiques policières traduit ici une baisse réelle des violences homicides. Pour les viols, une augmentation du nombre de plaintes ne permet pas de déterminer, en soi, si (i) il y a plus de viols dans l’absolu ou si (ii) il y a moins de silence, moins d’auto-censure. D’autant plus que, pour les viols, les révélations peuvent concerner des faits plus ou moins anciens ; je pars du postulat que, pour les homicides, ces problèmes sont moindre (moins de sous-déclaration, déclaration plus proche de la commission des faits criminels).

La source, ici, c’est Max Roser, fondateur du site Our World In Data. Je vous le précise, car il ne s’agit pas d’une institution « officielle ».

Cela étant posé, les tendances retracées semblent recouper ce que je sais des statistiques récentes. Par exemple, entre 1994 et 2014, il y a une diminution de 50% du taux d’homicide en France et en Allemagne (cela étant dit, il me faut vérifier les décennies antérieures, pour vérifier si 1994 ne correspond pas à un pic…).

Quant aux causes, je crains de m’aventurer sur des terres inconnues. Je tiens toutefois à attirer l’attention de mes chers lecteurs sur la distinction entre :

  • culture de l’honneur, qui semblent corréler à un plus haut taux d’homicide (je vous invite à comparer, aux USA, les Etats ayant une forte culture de l’honneur -plutôt au Sud-, et ceux l’ayant moins ; tout comme, en France, il pourrait être intéressant de comparer les taux d’homicides entre personnes ayant cette culture de l’honneur (la culture des « bandes »), et les autres).
  • culture de la dignité, ou guilt culture, où l’essentiel n’est pas la réputation ou l’honneur, mais l’attitude que l’on adopte à l’égard de soi et d’autrui. La honte vient du fait que l’on a eu un comportement indigne des principes auxquels on adhère. La retenue y est une vertu.
    Prenons un exemple, pour bien différencier : vous avez un enfant. Il est agressé sexuellement par un individu. Dans une culture de la dignité, les gens auront tendance à se retenir, et avoir recours aux autorités et à la Justice. Dans une culture de l’honneur, la justice pourra avoir été dite, mais l’honneur ne sera pas restauré : il faut laver l’affront par une intervention personnelle.
    Autre exemple : une injure nécessite une réponse dans une culture de l’honneur, réponse qui peut être violente. Dans une culture de la dignité, l’évitement est une stratégie acceptable.
  • culture de la victimisation, où l’important est de montrer que l’on appartient à une catégorie opprimée de la population. Autrement dit, ce qui est valorisé, ce n’est pas d’être un dur ne montrant pas sa faiblesse (comme dans les cultures de l’honneur), ni être impassible face aux manquements lorsqu’ils sont mineurs (comme dans les cultures de dignité), mais d’être une victime.

Je trouve ces catégories intellectuellement intéressantes, pour saisir par exemple pourquoi tel pays avec une législation très souple sur les armes à feu (comme la Finlande ou la Suisse, qui comptent parmi les pays avec le plus fort ratio armes/habitant) a un taux d’homicide cinq fois moins important qu’un autre pays réputé être tout aussi souple sur les mêmes armes à feu (USA, hm hm).

Je développe également ce point pour vous teaser un futur article sur le worldbuilding, mais chut, on verra ça dans six mois.

C’était mieux avant ! Vraiment? Partie 2

13 réflexions sur “C’était mieux avant ! Vraiment? Partie 1

  1. Ping : C’était mieux avant ! Vraiment? – Journal d'un Curieux

  2. Ping : C’était mieux avant ! Vraiment? Partie 2 – Journal d'un Curieux

  3. À chaque fois que j’ai entendu cette expression c’était pour évoquer des faits culturels, de société, etc.
    Du coup, le transposer sur ces problématiques me paraît bancale dans le sens où je suis pas certain que la plupart des gens, pour les famines par exemple, sont persuadés que c’était mieux avant. Après c’est sûr qu’on a souvent tendance à embellir le passé, à tord

    Aimé par 1 personne

    1. Je te garantis que je peux te trouver, sur chacun des sujets ci-dessus, des propos et considérations pointant le fait que notre avenir est fort sombre : des inégalités croissantes, des pauvres de plus en plus pauvres, de plus en plus de guerres et de famines (dus au changement climatique, par exemple, ou à l’impérialisme d’untel ou d’untel), des gens de plus en plus malades à cause de big pharma, etc etc.

      Il ne s’agit pas, pour moi, d’assombrir le passé, au contraire. C’est simplement d’essayer de montrer une partie du tableau qu’on a tendance à ne plus voir à force de nous concentrer sur les événements négatifs.

      Nos prédécesseurs ont fait un boulot admirable, vraiment, tout au long du XXème siècle, pour nous sortir de l’état de pénurie, nous sortir de ce jeu à somme nulle de dimension mondiale où l’enrichissement des uns ne pouvait que provoquer le malheur des autres. Ce n’est plus vrai, ou c’est en tout cas moins vrai, et c’est tant mieux.

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      1. Je nuancerais le dernier propos car actuellement, les plus riches s’enrichissent et les plus pauvres s’appauvrissent… Tout le monde ne profite pas de la création de richesses, loin de là, le sentiment de déclassement est bel et bien réel

        Aimé par 1 personne

      2. Je t’assure que cette affirmation est fausse, ou à tout le moins inexacte. Il faut être précis sur ce dont on parle.

        Des riches plus riches, cela n’implique pas des pauvres plus pauvres. En réalité, il n’y a jamais eu moins de pauvres de toute l’histoire de l’humanité : la misère recule, toujours, encore, et c’est fort bien.

        Le souci, c’est qu’on confond la pauvreté absolue (c’est-à-dire la « vraie » pauvreté, la misère noire) et la pauvre relative (être plus pauvre que son voisin : bref, l’inégalité).

        Cette confusion est dispensable, je trouve. Je sais pourquoi elle est entretenue, à dessein ou involontairement, mais je ne veux pas tenir un propos trop politique -sauf si cela te convient, bien sûr-.

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    1. En fait, la situation est un poil plus compliquée pour les inégalités de revenus -c’est à moitié faux de dire qu’elles se creusent, mais ce n’est pas totalement inexact, si je devais résumer-.
      Mon point, c’est simplement de dire que les pauvres sont de moins en moins pauvres. Le reste, notamment le point de savoir si l’inégalité est à réduire ou est indifférente, je le laisse de côté.

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