Worldbuilding : créer des mondes crédibles, ou comment créer une étoile

Bonjour à tous !

L’attente fut longue : mais la patience, toujours, est récompensée. Je vous propose de découvrir quelques idées, conseils et techniques pour réussir à créer des planètes qui soient crédibles.

Crédibles? C’est-à-dire?

J’entends par là qu’il va s’agir d’imaginer des planètes dont les principales caractéristiques sont, globalement, conformes aux données de la science. On peut froncer les sourcils : ouais, OK, encore un truc de hard-SF ; pour la fantasy et l’immense majorité de la SF, ça ne sert à rien.

A mon avis, penser cela, c’est commettre une erreur. Ce qui donne sa saveur à un monde, c’est son contenu, mais aussi le contenant, qui doit être bien délimité. Autrement dit, il faut réussir à explorer les limites de ce qui peut être fait : quand tout est possible, tout devient évanescent, et il n’y a plus vraiment d’enjeu. Quand, par exemple, en fantasy, vous imaginez les règles régissant la magie, l’important n’est peut-être pas ce qui peut être fait que les limites de la magie, le prix à payer.

Il en va de même quand vous créez une planète, et je vais vous le démontrer dans la présente série d’articles : ce sont les limites, les contraintes, qui viennent fertiliser l’imagination et nous permettent d’explorer les possibles. Face à une contrainte donnée, c’est là que l’auteur, le créatif, va se dire « oui, OK, mais qu’est-ce que ça donnerait si… », suivi d’une brillante idée pour contourner le problème, voire le sublimer pour en faire non plus une contrainte mais le ressort d’un monde vivant.

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Le Paradoxe de Fermi – les Solutions 3

Cet article est l’ultime tentative de réponse à la question si la vie n’est pas rare, pourquoi n’avons-nous pas trouvé d’extra-terrestres?

Ici, pas d’humour ou de complot, ni de tentative d’explication sur la timidité des aliens.

15. La vie est récente, nous sommes les Premiers

Cette idée me paraît à la fois décevante et inspirante.

Décevante puisque cela implique, nécessairement, que nous n’aurons pas l’occasion dans un avenir proche d’avoir la moindre interaction sociale avec une entité extra-terrestre, de quelque sorte que ce soit. Nous n’aurons donc jamais droit à ce sentiment d’immense vertige devant l’immense abîme nous séparant d’une civilisation qui, en tout, nous est étrangère.

Inspirante puisque cela implique que les hypothèses vues dans mon précédent article sont fausses -et que la nature de l’intelligence n’implique ni qu’elle s’auto-détruise, ni qu’elle pratique le génocide systématiquement-. Avouez, entre nous, que c’est plutôt rassurant qu’aucune de ces hypothèses ne soient vraies : cela a un côté quelque peu déprimant de se dire que nous sommes condamnés à disparaître ou qu’il est dans la nature de l’intelligence de pratiquer les purges à échelle galactique.

Etant parmi les Premiers, nous avons toute une galaxie à explorer et découvrir, et une responsabilité toute particulière, une angoisse à assumer : nous n’avons aucun modèle dont nous pourrions nous inspirer, l’avenir reste radicalement imprévisible et nous ne pouvons qu’essayer de bricoler des solutions acceptables pour bien vivre, que ce soit sur Terre ou ailleurs.

Mais au-delà du ressenti sur cette hypothèse, y a-t-il des raisons de penser qu’une telle chose soit possible? L’Univers a plus de 13 milliards d’années, notre Soleil n’a que 4,57 milliards d’années, la vie sur Terre est apparue il y a environ 3,8 milliards d’années, et nous autres Homo Sapiens n’existons que depuis 200.000 ans environ. Vu les échelles de temps impliquées, il ne paraît pas parfaitement affolant de supposer que nous ne sommes pas les premiers et que, dans l’immensité des éons qui nous ont précédés, une autre espèce intelligente a pu se développer.

Certes.

Et pourtant, une observation toute simple permet de se questionner.

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